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Les questionnements sont nombreux et constants sur l'introduction des Tic dans la pratique de l'enseignant.
Certains débats opposent technophiles et technophobes, mais la problématique est-elle technologique ?
Comme l'indique Geneviève Jacquinot la difficulté se situe beaucoup plus au niveau de la pratique au quotidien de l'enseignant.
"Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l'outil de référence est associé au rêve d'une certaine école ou d'une certaine société... comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l'enseignant (..) ne font qu'exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d'apprentissage et toujours plus d'imagination, ..."Jacquinot, G. (1985). L'école devant les écrans. Paris, ESF.
"Lorsque je parle de changement de pratique d'enseignement ou de formation, j'évoque les changements mis en oeuvre par un enseignant ou un formateur au moment de la planification, pendant les cours ou les formations ou après ceux-ci. Il peut concerner, ses routines, ses décisions de planification ou ses connaissances, de même que : les actions mises en oeuvre, les interactions avec les pairs et la réflexion exercée sur l'action. L'ensemble de ces éléments constitue ce que j'appelle sa pratique d'enseignement ou de formation. En outre, il n'y a changement que par rapport à une situation antérieure. C'est l'enseignant ou le formateur lui-même qui reconnaît le changement.
Si une telle proposition peut s'avérer théoriquement cohérente, elle mérite d'être discutée. En effet, elle suppose, au moins implicitement, la nécessité du changement. Il faut changer. C'est la "tyrannie du changement" même si, dans ce cas, l'enseignant pourrait être considéré comme son propre tyran. Ce qui avec les TIC n'est pas tout à fait le cas tant la pression médiatique, politique et économique est forte.
Ainsi, si changer est nécessaire, résister l'est sans doute tout autant. L'un ne va pas sans l'autre. Pour changer une pratique pédagogique, il faut d'abord que celle-ci existe, qu'elle ait été construite patiemment au cours des années, qu'elle soit stabilisée. L'enseignant doit pouvoir s'appuyer sur cette pratique s'il souhaite la changer. Il doit pouvoir la reconnaître pour éventuellement la mettre en cause. Il doit pouvoir y fonder son projet.
Échapper à cette tyrannie consisterait peut-être à comprendre le changement de pratique d'enseignement ou de formation comme un processus inscrit à la fois dans une histoire individuelle et dans un contexte institutionnel. Un processus vécu différemment par chaque enseignant. Un processus à double face articulant résistance et changement."
Bernadette Charlier
Professeure responsable du Centre de Didactique Universitaire et Nouvelles Technologies et Enseignement - Université de Fribourg (Suisse)
http://www.unifr.ch/didactic/IMG/pdf/utiliser_les_tic-rtf.pdf
Publié par e-difor à 09:33:02 dans Réflexions | Commentaires (0) | Permaliens
Extraits d'un dialogue avec un étudiant d'un master 2 Français Langue étrangère.
Ce dialogue a été mené lors d'une activité de "fouille collective" dans un forum dédié.
L'étudiant (cite un document de l'Unesco)
International Institute for Educational Planning
www.unesco.org/iiep © UNESCO 2006
TOOLS AND RESOURCES1. Cost considerations in technology-based distance education
The cost of a technology-based programme heavily depends on its combination of fixed and variable costs.
The cost of the hardware represents about a quarter of the total cost of introducing technology to the classroom.
Distance education systems have higher fixed costs and lower variable costs than the conventional alternative. Consequently, they can achieve economies of scale. However, the numbers of students must be high.
Cost effectiveness is difficult to measure, but applications exist that are more cost- effective than the conventional alternative. This has been the case for many teacher development programmes and some tertiary education programmes.
Technologies with higher fixed costs and lower variable costs, such as radio, can be inexpensive if they serve large numbers of students and recurrent costs are managed. Studies have shown that interactive radio instruction in primary schools can deliver learning more cost-effectively than textbooks or increased teacher training.
Technologies with higher variable costs and that work in conjunction with conventional teachers, such as personal computers, may increase quality but are unlikely to bring any cost advantage. Indeed, they may be prohibitive at the primary school level, where teacher supervision is a requirement. In higher-education institutions and for teacher training, the cost of their use may be lower if they do not require faculty supervision.
Technologies that rearrange the structure of educational costs and reduce large cost items, such as in-service teacher development, while they maintain or improve quality, are likely to be attractive. Distance education for teacher development is attractive for this reason.
Low cost applications that increase quality may be justifiable if they fit within cost limitations.
The issue of who bears the costs and how recurrent costs are covered after a programme goes to scale must be addressed early in the programme design.
(C'est moi qui ai mis en gras)
L'enseignant :
Il est intéressant de lire dans de nombreux articles qu'il est difficile de mesurer les coûts d'une foad. (Cost effectiveness is difficult to measure)
Cela est assez étonnant pour des personnes qualifiées en analyse des coûts, la tâche ne semble pas insurmontable !
Ce qui ne semble pas mis en avant c'est l'impact sur les apprentissages et les compétences. Si un dispositif coûte plus cher mais que l'impact est beaucoup plus important (?).
Certes il est difficile de faire une évaluation à froid sur les impacts de la formation dans les pratiques. Cela semble néanmoins fondamental d'avoir ce type d'indicateurs.
Un dispositif foad mis en place sera très rentable si le nombre d'apprenants est important : nous menons un foad dans mon service avec 500 personnes par an depuis 3 ans. 1500 personnes ont ainsi déjà suivi ce cursus, le coût par personne est ainsi 3 à 5 fois moins élevé qu'en présentiel.
L'étudiant :
D'accord, le coût est moins important, mais comment peut-on rester en contact avec 500 personnes ou plus ? Si la FOAD n'est pas que de la mise en ligne de documents que peut-on faire de plus dans ce cas-là ?
L'enseignant :
Tout d'abord merci pour vos interventions toujours très pertinentes.
Nos 1500 apprenants ne sont pas "lâchés" dans la nature. Nous avons réussi à financer un tutorat (un tuteur pour 15 à 20 apprenants).
C'est, selon nous (mes collègues de notre pôle de compétences foad et moi) la condition sine qua non du distant.
Je crois personnellement très peu à l'autodidaxie en ligne ...
Bien à Vous.
L'étudiant :
La FOAD serait plus efficiente que la formation en présentiel ? Dans quel cas ? Peut-être pour une formation courte et un contenu succint ?
L'enseignant :
Je ne me risquerais pas à dire que la foad est plus efficiente par défaut. Tout dépend de la façon dont le dispositif est structuré. La foad requestionne l'acte d'apprentissage, c'est peut-être là qu'elle est le plus intéressante. Souvent on ne se pose plus la question du présentiel tellement il est inscrit dans les pratiques !
Quant à la durée de la formation je serais enclin à penser que la foad est plus performante sur ce terrain. En effet comment faire venir des personnes sur un site en présence si les distances sont importantes et les coûts de déplacement prohibitifs ?
Quant au contenu je pense que des notions complexes s'appréhendent mieux avec le temps, en asynchrone sur des forums dédiés qui donnent le temps au temps et à la réflexion. Et sur ce point les échanges avec les autres apprenants sont fondamentaux pour consolider les apprentissages.
Bien à Vous.
e-difor
La formation en
ligne
http://foad.ac-besancon.fr
Jacques Cartier
Publié par e-difor à 09:58:16 dans Réflexions | Commentaires (1) | Permaliens
Un dispositif de formation à distance coûte de l'argent, mais combien d'argent ?
Les méthodes de calcul s'avèrent souvent peu précises et ne tiennent pas compte de tous les paramètres.
L'étude réalisée par Algora en témoigne : http://www.educnet.education.fr/chrgt/FOAD-couts.pdf.
Le tableau ci-dessous est un exemple trouvé sur le Net d'une comparaison de coût entre une formation présentielle et à distance :
Coût comparé d'une formation présentielle classique et d'une e-formation pour 15 personnes sur 5 jour (en dollars)
|
Postes |
Formation classique |
e-formation |
|
Déplacement (15 personnes) |
15 000 |
0 |
|
Hôtel et repas (15 x 5j) |
15 000 |
0 |
|
Taxi et autres frais |
600 |
0 |
|
Temps de voyage (15 pers x 5h AR x 50$ / h) |
7 500 |
0 |
|
Temps de formation (15 pers x 40h x 50$ / h) |
30 000 |
30 000 |
|
Location de salle (5j) |
500 |
0 |
|
Formateur à plein temps (5j à 1500 $ par jour) |
7 500 |
0 |
|
Tuteur à temps partiel (1h/j x 5j x 150 $ / h) |
0 |
750 |
|
Manuel de stage (15 x 20 $) |
300 |
0 |
|
Réseau bande passante (15 pers. x 40h x 40$ par sem) |
0 |
3600 |
|
Location PC /amortissement |
0 |
600 |
|
Total |
76 400 |
34 950 |
|
Total par apprenant |
5 093 |
2 330 |
Au total dans ce tableau le distant coûterait deux fois moins cher que le présentiel. Mais la méthode de calcul des coûts semble bien sommaire !
Prenez le temps de lire le document d'Algora pour affiner votre réflexion.
e-difor
La formation en ligne
http://foad.ac-besancon.fr
Jacques Cartier
Publié par e-difor à 07:56:28 dans Réflexions | Commentaires (0) | Permaliens
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